Programme de recherche transdisciplinaire dans le domaine de la résistance aux agents antimicrobiens.
Autre(s) chercheur(s) :
RÉSISTANCE AUX ANTIBIOTIQUES:
Le CRI étudie la génétique moléculaire de la résistance bactérienne aux antibiotiques et la dissémination des gènes de résistance. Nous étudions entre autres une sorte d'élément génétique mobile appelé intégron qui, avec les plasmides et les transposons, est impliqué dans la dissémination de la résistance parmi les bactéries à Gram négatif telles les Enterobacteriaceae et les pseudomonades ainsi que chez certaines bactéries à Gram positif. L'intégron code pour un mécanisme de recombinaison spécifique de site qui intègre, en tandem, plusieurs gènes structuraux de résistance aux antibiotiques pour former des opérons de résistance. Nous étudions également le rôle possible des introns de groupe II dans la formation des cassettes de résistance car plusieurs de ces introns sont retrouvés dans les intégrons. Nous caractérisons plusieurs intégrases retrouvées dans des intégrons chromosomiques et avons déterminé la structure cristallographique de l’intégrase IntI1 qui est la plus impliquée dans la dissémination des gènes de résistance aux antibiotiques. Nous développons des outils de PCR multiplex en temps réel permettant de détecter simultanément la présence de plusieurs types d’intégrons dans une même souche bactérienne. Nous développons également un système de détection rapide de gènes de résistance chez les bactéries responsables de septicémies. Nous étudions le profil d’expression protéique chez les souches résistantes de Streptococcus pneumoniae par contraste aux souches sauvages. Nous étudions également les souches de Staphylococcus aureus résistantes à la méthicilline (SARM) ou intermédiaires à la vancomycine, ainsi que les entérocoques résistants à la vancomycine (ERV), pour lesquelles des trousses B-D diagnostic-GeneOhm ont été mises au point.
RÉSISTANCE AUX ANTIVIRAUX :
Nous avons été le premier groupe de recherche à mettre en évidence, dans des échantillons sanguins, par analyses PCR et RFLP, les mutations du cytomégalovirus (CMV) conférant la résistance au ganciclovir. Nous avons aussi été les premiers à déterminer le taux d’émergence des mutations du CMV conférant la résistance au ganciclovir chez des patients atteints de SIDA ainsi que chez les transplantés d’organes. De plus, nous avons clairement établi la supériorité des tests génotypiques basés sur la détection directe des mutations du CMV dans le sang par rapport aux tests phénotypiques (de susceptibilité) pour estimer le taux de résistance au ganciclovir. Nous avons mis au point plusieurs méthodes d’analyses pour évaluer le rôle des mutations des virus d’Herpès simplex (VHS) et du CMV, incluant un essai hétérologue de la thymidine kinase chez le parasite Leishmania et une procédure de remplacement des gènes du CMV dans des chromosomes bactériens artificiels. Ces recherches sur le CMV et le VHS ont permis de constituer une carte des mutations virales impliquées dans la résistance aux antiviraux. Nous avons élaboré un système in vitro permettant la manipulation du génome du virus Herpes simplex afin de caractériser les mécanismes de résistance aux antiviraux. Nous étudions également les mécanismes de résistance de l’Influenza aux agents antiviraux et évaluons de nouvelles approches thérapeutiques. Entre autres, nous étudions le rôle des hémagglutinines sur les propriétés antigéniques, la virulence et la résistance des souches virales de l’Influenza A. Nous sommes à l’œuvre en prévision d’une éventuelle pandémie de grippe aviaire et c’est pourquoi nous étudions les hémagglutinines et les neuraminidases de ce virus. Nous étudions les virus émergents ainsi que la résistance du VIH aux antiviraux.
RÉSISTANCE AUX ANTIPARASITAIRES :
Le CRI étudie la résistance des souches de Leishmania aux antiparasitaires actuels. Les métaux lourds tels que l'arsenic et l'antimoine sont encore utilisés dans le traitement des maladies parasitaires. L’antimoine pentavalent est la drogue de première instance dans le traitement de ces infections mais la résistance a atteint des niveaux très importants. Les travaux effectués au CRI ont mis en lumière le rôle de transporteurs membranaires, incluant des protéines de type ABC, ainsi que le métabolisme des thiols cellulaires (cystéine, glutathion, trypanothion) comme étant des éléments clés de la résistance. Par ailleurs, les leishmanies sont auxotrophes pour l’acide folique. Or, l’acide folique et le S-adénosylméthionine sont les deux donneurs de carbone dans les réactions métaboliques. Plusieurs inhibiteurs de ces voies sont utilisés comme médicaments. La résistance aux antifolates peut-être médiée de plusieurs façons chez le parasite Leishmania. Nos projets visent à mieux comprendre ces voies métaboliques et utilisent comme outils de recherche des souches résistantes à des inhibiteurs de ces voies métaboliques. Nous nous intéressons entre autres aux protéines membranaires impliquées dans le transport de ces métabolites et utilisons des techniques biochimiques, génomiques et protéomiques pour les caractériser. Les travaux relatifs à ce sentier métabolique ainsi qu’aux sentiers reliés des ptérines et de la méthionine ont mis en lumière de nouveaux transporteurs membranaires et des enzymes qui devraient s’avérer des cibles de choix.


