Effets des facteurs nutritionnels et de l'usage des écrans solaires sur les niveaux sanguins en vitamine D chez les enfants
Autre(s) chercheur(s) : Marc Rhainds, Éric Dewailly, Carole Blanchet, Isabelle Galibois, Jacques Massé
La vitamine D est une hormone essentielle au maintien de l'homéostasie du calcium dans l'organisme. Une déficience en vitamine D cause une déminéralisation du tissu osseux, mais a également été associée à une incidence accrue de certains types de cancer dans la population, soit du côlon, du sein et de la prostate. La lumière solaire représente la principale source de vitamine D active chez l'humain alors que l'alimentation en contribuerait qu'à 20% de l'apport total. La synthèse endogène de la vitamine D varient en fonction de plusieurs facteurs dont l'âge, la race, les saisons et la latitude géographique. L'usage des écrans solaires dans la population, dont certains peuvent bloquer jusqu'à 96% des rayons UVB, a également été associé à une baisse significative des niveaux sanguins de vitamine D. L'augmentation importante des cancers de la peau, dont 90% sont causés par les rayons ultraviolets, a amené plusieurs organismes de santé publique à recommander l'utilisation des écrans solaires chez les enfants comme moyen de protection et de prévention.
Actuellement au Québec, 85% des parents utilisent un écran solaire en été pour protéger leurs enfants. Plusieurs associations de pédiatres sont inquiètes quant aux effets possibles de l'utilisation régulière d'écrans solaires sur les concentrations de vitamine D dans le sang chez les enfants et ce particulièrement dans les régions froides où l'intensité du rayonnement ultraviolet est faible en hiver.
Objectifs:
1) Caractériser l'exposition aux rayons ultraviolets en été et en hiver chez des enfants de 3 à 6 ans;
2) Estimer l'apport alimentaire en vitamine D chez des enfants de 3 à 6 ans en été et en hiver;
3) Mesurer chez des enfants de 3 à 6 ans les concentrations de 25-OHD et l'apport alimentaire en vitamine D, l'usage des écrans solaires, le degré d'exposition au soleil et le phénotype cutané.
Méthodes: L'étude proposée, de type épidémiologique, sera conduite auprès de 100 enfants âgés entre 3 et 6 ans recrutés parmi la clientèle ambulatoire des pédiatres de la région de Québec. Un consentement écrit des parents sera requis pour la participation à l'étude. La collecte des données sera effectuée au domicile des participants en deux étapes, l'une à la fin de l'été 1999 et l'autre à la fin de l'hiver 2000. À chacune des étapes: un questionnaire autoadministré sera remis aux parents pour documenter le phénotype cutané, les habitudes d'exposition au soleil et les moyens de protection (écrans solaires et vêtements) utilisés chez leur enfant. L'apport nutritionnel en vitamine D sera évalué au moyen d'un rappel alimentaire et d'un questionnaire de fréquence de consommation. Un prélèvement sanguin sera effectué pour mesurer les niveaux de 25-OHD (réserve en vitamine D) de phosphatase alcaline, de calcium, de phosphore et de la parathormone (marqueur physiologique précoce d'une baisse de vitamine D).
Résultats attendus: Les résultats de l'étude permettront de vérifier si l'usage des écrans solaires abaisse significativement les concentrations sanguines de vitamine D et si un apport accru en vitamine D est nécessaire chez les enfants qui font usage des écrans solaires.


